Tu t ‘lèves un de ces matins en te demandant si c’est le bon

La télé, son baratin et tu trouves déjà le temps long ,

Ta vie passe et le brouillard s’Ă©paissit

tu Ă©merges et construit ta vie sur des “si”

Indécis ou indécise car au bout rien ne se précise

la terre tourne mais tout est monotone

mĂŞme avec un sonotone tu n’as jamais aimĂ© l’automne

Demain c’est trop loin et demain c’est trop rien

le passé te pèse, lése et tu fais mine de rien

tu te lèves , automate moderne

tu aimes le soleil mais lĂ  tu hibernes

cernés comme tes yeux se cernent

tu ne décernes plus le beau du terne

pressé de vivre tu te consumes

et bientĂ´t tu ne souhaites plus que ton titre posthume.

La vie c’est trop court et c’est bien trop long

la vie c’est trop court seulement quand c’est trop bon

tu rĂŞves de t’enfuir , ĂŞtre quelqu’un d’autre

reprendre à zéro, prisonnier par ta propre faute

complice,tu le sais,de ton mal ĂŞtre

et tu sais que seule suffirait une lettre.

aller vers l’inconnu au lieu d’imbĂ©ciles contextes

mais t’ es vidĂ© de force et tout devient prĂ©texte

tu te caches et te demande si les autres sont pareil ,

font pareil tu te fâches et tu ne croit plus aux merveilles

le miroir se raye et ta vie bĂ©gaye ,plus rien ne t’Ă©gaye
tet u veilles comme la lune sur une fin qui sommeille

partir loin vers autre chose

il suffirait que tu oses

tu le pense,tu le sens,tu le crois

mais dans le mĂ©tro tu ne penses dĂ©jĂ  plus qu’au froid

tu fais ta journée comme tous les autres silhouettes

c’est pas la fin c’est  la peur qui te guette
es-tu l’hĂ©roĂŻne de ce roman , en es-tu le hĂ©ros ?

et tu n’y penses dĂ©jĂ  plus quand t’ arrives au bureau

DĂ©passĂ© par tout et tu fais mine de t’y plaire

Mais au fond de toi une lueur vocifère

te rappelle juste qui tu es et quoi faire

mais tu fuis , remplaces le silence par le bruit

tu caches tes pleurs donc tu souris.

Tu sauves la face pour te sauver un peu

et tu te dis mon visage commence Ă  faire vieux

tu remplaces le silence par le bruit

tu fuis et remplaces les rĂŞves par l’envie

l’ennui ,tu achètes ,satisfait, tu dĂ©jeunes Ă  midi

comme des millions d’autres poussières,tu souries

fais mine de rien mais au fond tu sens bien

que ta place est ailleurs et lentement tu y viens

l’après-midi tu dĂ©connes , sur ton fone  en face d’un expresso
sont-ils des amis sincères ou juste des collègues de bureau ?

Que restera t-il de tout ca ?

tu travailles ici et tu as un toit .

tu réussis ta vie et des fois même tu le crois !

Mais pourquoi mĂŞme avec l’amour tu es seule ?

Pourquoi mĂŞme avec tout l’argent tu es veule ?

Il te manque une chose et tu ne sais pas quoi

tu ne trouves pas alors des fois t’ dis que c’est comme ça

vient le soir , tu reprends le métro ,

une journĂ©e de plus et c’en est trop

tu es amoureux ou amoureuse et pourtant.

tu as tout ce que tu veux c’est ce que tu le prĂ©tends

tu vis ton temps , parfois mĂŞme du bon temps

mais pourquoi tu sens que ce n’est pas suffisant ?

la peur te ronge l ‘esprit , tu enchaines les insomnies

même quand tu dors tu te lèves harassée ,

terrassée le soir dans ton lit ,tu repenses à cette journée

tu te dis “et si” , “et si” , “et si”

tu vis de “si” , tu vis de “si , tu vis de “si”

Eternelle complainte ,dans tes rĂŞves tu t’enfuis

tu voles au dessus des plaines et des pluies

tu touches le soleil quand ça te chante et tu chantes

et quand tu ouvres les yeux le matin tu déchantes

et au fond de toi une émerge une petite chanson

qui rĂ©pète un refrain si familier “est ce le bon ?est ce le bon ?”

Et tu te dis “et si” , “et si” , “et si”

mais tu ne vis que de “si” ,  de “si ,  de “si”…